Fracture de clavicule : quand proposer un traitement par plaque ?
Dernière mise à jour : 27 sept.

La majorité des fractures de clavicule peuvent être traitées sans chirurgie. La plaque est réservée à des situations sélectionnées, lorsque le déplacement, l’instabilité ou le risque de mauvaise consolidation rendent le traitement orthopédique moins favorable.
Rappel anatomique
La clavicule relie le sternum à l’omoplate et participe à la position et à la mécanique de l’épaule. La majorité des fractures concernent la portion moyenne de l’os.
Traitement orthopédique : la règle dans de nombreux cas
Une fracture peu déplacée ou correctement alignée peut souvent être traitée par écharpe, antalgiques et surveillance radiographique. La mobilité de l’épaule est reprise progressivement selon la douleur et la consolidation.
Quand discuter une plaque ?
Déplacement important des fragments.
Chevauchement ou raccourcissement très marqué.
Menace cutanée ou fragment faisant saillie sous la peau.
Fracture très instable ou comminutive.
Certaines situations chez le patient jeune, sportif ou à forte demande fonctionnelle.
Risque accru de pseudarthrose évalué avec le patient.
Un chevauchement très important — par exemple autour ou au-delà de 3 cm — peut faire partie des éléments qui conduisent à discuter une fixation chez certains patients, mais aucun seuil isolé ne doit décider à lui seul d’une opération. La décision doit intégrer l’ensemble du déplacement, la peau, le terrain et les objectifs fonctionnels.
Pourquoi opérer ?
Restaurer la longueur et l’alignement de la clavicule.
Stabiliser une fracture instable.
Faciliter une mobilisation plus précoce de l’épaule.
Réduire le risque de pseudarthrose dans les fractures déplacées à haut risque.
Les essais randomisés montrent que la plaque diminue nettement le risque de pseudarthrose dans les fractures médio-diaphysaires déplacées, mais ils ne soutiennent pas une fixation systématique de toutes les fractures.
Comment se déroule l’ostéosynthèse ?
La fracture est réduite puis stabilisée par une plaque anatomique et des vis. L’objectif est d’obtenir une fixation suffisamment stable pour permettre une récupération fonctionnelle progressive, tout en surveillant la cicatrisation cutanée et la consolidation osseuse.
Rééducation précoce
Lorsque la fixation est stable, la mobilisation de l’épaule peut être reprise de façon contrôlée et plus précoce que dans certaines prises en charge orthopédiques. Le renforcement et les sports de contact sont retardés jusqu’à une consolidation suffisante.
Quels sont les inconvénients de la plaque ?
La chirurgie expose à une cicatrice, une zone d’hypoesthésie cutanée, une gêne du matériel sous la peau, une infection ou plus rarement une complication neurologique ou vasculaire. Une ablation secondaire du matériel peut être discutée en cas de gêne, mais elle n’est pas systématique.
FAQ — 10 questions fréquentes
1. Toutes les fractures de clavicule doivent-elles être opérées ?
Non. Une grande partie est traitée sans chirurgie.
2. Pourquoi mettre une plaque ?
Pour stabiliser une fracture très déplacée ou instable, restaurer l’alignement et réduire le risque de pseudarthrose dans certains cas.
3. Le chevauchement suffit-il à décider d’opérer ?
Non. Il fait partie d’un ensemble de critères : déplacement, raccourcissement, peau, comminution, âge et demande fonctionnelle.
4. Qu’est-ce qu’une menace cutanée ?
Un fragment osseux tend fortement la peau et peut menacer son intégrité. Cela nécessite une évaluation rapide.
5. La plaque permet-elle de bouger l’épaule plus tôt ?
Souvent oui, si la fixation est stable et selon le protocole du chirurgien.
6. La chirurgie évite-t-elle totalement la pseudarthrose ?
Non, mais elle en réduit fortement le risque dans les fractures déplacées sélectionnées.
7. La plaque est-elle gênante ?
Elle peut être palpable sous la peau chez certains patients.
8. Faut-il retirer la plaque ?
Pas systématiquement. L’ablation est discutée en cas de gêne après consolidation.
9. Quand reprendre le sport ?
Après consolidation radiographique suffisante et récupération de la mobilité et de la force.
10. Quels signes nécessitent une consultation rapide ?
Menace cutanée, douleur incontrôlable, déformation majeure, trouble respiratoire ou symptômes neurologiques.
Références
Robinson CM et al. Plate fixation versus nonoperative treatment: multicenter randomized trial. PMID 24005198. PubMed
Woltz S et al. Plate fixation compared with nonoperative treatment: randomized controlled trial. PMID 28099300. PubMed
Woltz S et al. Meta-analysis of randomized trials. PMID 28632595. PubMed
Canadian Orthopaedic Trauma Society. Nonoperative treatment compared with plate fixation. PMID 17200303. PubMed
Consultation spécialisée
Institut Orthopédique de Paris — 95 rue de Prony, 75017 Paris. Prise de rendez-vous & secrétariat : 07 59 68 43 61.
Information médicale et relecture
Contenu médical relu et actualisé le 27 septembre 2026. Les informations de cette page sont destinées à expliquer la pathologie et son parcours de soins. Elles ne remplacent pas un examen clinique individuel.
Auteur médical : Dr Quentin Baumann — chirurgien de la main et de l’épaule.
Éditeur médical : Centre Main Paris Monceau — chirurgie de la main, Paris 17.




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